Je m’appelle Chrystèle, j’habite Rennes. Depuis le début du confinement,  j’ai participé 3 fois aux distributions alimentaires.

J’ai envie de parler d’un monsieur d’environ 60 ans. Il vit dans un quartier nord-est de Rennes. Nous lui avons apporté plusieurs fois un colis alimentaire. A chacun de nos passages, je sens qu’il n’a pas le moral, qu’il a besoin de parler. Son handicap l’empêche de sortir de chez lui. Il est complètement isolé. En dehors des visites de l’infirmière, il ne voit personne.  Il aimerait probablement nous parler plus longtemps, et nous aussi. Mais ce n’est pas simple ! La faute à ce virus, nous sommes obligés de ne pas trop nous approcher. Pas facile de se parler, de se confier, sur un pas de porte en bas d’un immeuble… D’ailleurs, je sens aussi que le fait d’être obligé de sortir de chez lui, d’être exposé au regard de son voisinage pour récupérer un colis alimentaire, est gênant.

Peut-être, petit à petit, je le connaitrai mieux.

J’espère que nous préserverons ce lien après le confinement. Avec ce monsieur, mais aussi avec tous ceux qui en ont besoin et que nous rencontrons lors des livraisons de colis.